« Quelle sorte d'homme êtes-vous ? »
« Ceux qui continue à croire qu'ils sont égaux a vous. »
Johannesburg, cité, capitale aux allures délabrée ou l'y font bon de vivre. Même sous l'apartheid, la population contrainte à une séparation raciale, respirait et riait de leurs rires gras et cristallins. Supprimer l'amour dans leurs yeux c'est ce que voulait Omoi. Mais à Johannesburg, la résistance s'installe peu à peu face a la cruauté et au paroxysme de certains. Chacun agit dans l'ombre de lui-même et au fur et à mesure, le soleil se lève chaque jour un peu plus noir dans la ville aux deux couleurs.
Karui était l'une d'entre eux. Petite africaine a la tête bien remplie, avait trop longtemps vu ses rêves s'évanouir comme des vagues sur la plage sans son consentement, et après deux mois d'émotions saturés, elle n'avait pas réussi.
30 novembre 1940
Voila bien 6 mois de Karui n'avait pas vu de blanc dans son quartier populaire du sud-est de Johannesburg, mais aujourd'hui les temps changent, la moralité s'aggrave et les lois se durcissent. Un groupe armé jusqu'au se méfiant de la couleur comme de la peste arracha la porte en tôle des voisins de Karui. Ils en ressortirent une jeune femme, pas beaucoup plus vieille que Karui, mais beaucoup moins combattante. Elle avait beau implorer, jurer, crier, griffer, rien n'y fit, on ne la lâcha pas. Karui était bien trop intelligente pour ne pas deviner que son quartier serait entièrement vidé sous peu. Elle regarda d'un ½il vide la jeune femme qui chantait des complaintes au ciel chargé de nuages. Puis son regard roula, sur un homme qui visiblement ne se mouillait pas à ses histoires abjectes et futiles. L'homme était droit comme un bâton, et avait le regard incompréhensible. Il chargea son arme, et pour faire taire, les complaintes certainement satyriques aux yeux des blancs, il se contenta de tirer d'un coup sec. Comme quoi un simple contrôle peu devenir un simple meurtre. Un ½il sur Karui, Omoi rangea son arme. Son collègue lui donna une petite tape vaguement fraternelle sur son dos. Depuis sa tendre jeunesse, on avait du faire s'attacher à faire croire a Omoi que tuer un noir, c'est devenir un homme.
31 decembre 1953
Cette fois c'était elle que l'on était venu chercher. A la minute ou elle entendit le fracas de la porte, Karui savait ce qu'elle avait à faire. Se cacher, jusqu'à ce que les hommes se convainquent que leurs proie n'était pas la. Elle entendit les cris des femmes, leurs chants religieux. Mais ce soir, le ciel fait sourde oreille. La neige est bien blanche. Elle entendit son père s'exploser contre la baignoire. Cette fois-ci, Karui fut contrainte de reconnaitre que l'humanité était présente de ce petit bout d'homme qui tenait l'arme sur la tempe de son paternel. Sa main est tremblante, comment résister a un regard suppliant, comment tuer un homme alors que tu sais que toi-même tu va tomber. Omoi à dépasser la limite, il n'imagine même plus une vie après une visite. Il se presse, et presse lui-même sur la détente. Le jeune homme détourne le regard, et Omoi obtient son silence, le silence des meurtriers. Karui et Omoi savent, que quoi qu'ils arrivent, les deux tomberont. Les deux savent que la vengeance est un plat que se mange froid, tellement froid que parfois elle nous gèle le sang.
5 mai 1961
Tu veux gouter l'adrénaline du sang, t'en paie les frais, rien ne l'effraie, il l'a fait, et il le refait. Il tue ceux qui empêchent le business de fonctionner, cet acte est fractionné. Une fois que la machine est actionnée, t'as pas beaucoup de choix, te tu glaces, tu fuies et tu y passes, ou tu t'arme et fait fasse. Le collègue est stressé, Omoi est détendu, ce n'est pas son premier meurtre racial. Il arrête la voiture, et explique le déroulement de la mort préméditée de la victime encore vivante qui écoutait la suite de son triste avenir. Il ouvre le coffre, la victime s'écroule sous la violence du coup. Le collègue divague, et si les histoires sur les races étaient fausses, ils auraient tué cet homme pour rien ? Omoi lui marche dessus, et l'abat d'un coup de couteau fatal. Karui l'a vu, et le tiens dans sa mémoire encore vivant. Les rides ont imprégnés sont visage. Sa bouche est creusée d'un sourire mauvais. Et Karui, sens qu'avec le temps, et les crimes, son humanités se lasse et s'en va.
10 juin 1976
Le collègue se méfit, ses goutes sur son front sont celles de la terreur. Sa moralité a pris son sens, et Karui ne fut pas surprise de voir que les personnes qui flanchent sont éliminées. Apparemment il ne faut pas trop plaisanter avec le petit patron, il a la violence d'une centaine d'hommes et les paroles crues. Le collègue se méfit d'Omoi, il a gardé son blouson et ses gants. Le collègue reproche à Omoi d'avoir perdu son humanité en Afrique du sud, et Omoi le tue de sang froid. Il nettoie les tâches d'hémoglobine du mieux qu'il peut, il espère que le temps fera disparaitre les preuves. Il se relève après avoir allumé l'allumette qui consumeras son ancien collègue, et respire, conscient et soulagé d'avoir évité le drame émotionnel.
8 octobre 1981
Finit d'observer, le plat est bien froid. Les feuilles qui tombent des arbres sont bien noires. Karui s'arme et fait face. Elle descend chez sa nouvelle et première proie. En proie à la colère dénuée d'humanité, elle observe la part de gâteau qu'avait coupé la petite femme d'Omoi avant de disparaitre dans la salle de bain. Elle manie le vernis rouge de la jeune femme, regarde les photos de famille. Elle sait qu'il a entrainé sa femme a tiré sur les noirs. Elle sait que la jeune femme n'aura le temps de rien. A demi-nue, le bain moussant fumant, la jeune femme, bien blanche de peau se déshabille en admirant dans la glace l'ébène de ses cheveux et la blancheur de son épiderme. Elle aperçoit une silhouette noire mouvante dans le coin du miroir. Elle n'eut le temps de rien, et sa tête frappa violement le miroir. Karui la frappe tantôt contre leur lavabo de marbre qui se fracasse sous la force du coup, tantôt contre le mur de carrelage blanc. Elle la jette dans la baignoire, consciente qu'elle y passerait sa dernière heure à agoniser avant d'y mourir.
31 decembre 1990
A la veille de la fin de l'apartheid, elle tomba. Omoi ravagé par la perte de sa seule parcelle de l'humanité, était bien décidé à en finir. Même s'il devait finir en apportant à son âme sa propre aliénation. Les mains menottées, le dos cambré, le moral déchiré, Karui le regardait sombrer dans son inconsciente folie, le regardait du coin de l'½il vitreux.
« Vous êtes des monstres... » Finit t'il par dire
« Juste de des gens qui prennent exemple sur vous... » Répondit-elle à peine audiblement.
Un silence s'installe. Un silence de mort. Omoi s'assoit se vide dans le regard de Karui. Au final s'était elle qui la comprenait le mieux, et cela jusqu'à que les hommes s'arrête d'agir avant de réagir. A moitié inconsciente Karui finit par lui demander.
« Quel genre d'homme êtes-vous ? »
« Le genre qui pense que vous n'êtes pas égaux a nous. »